Les deux mondes du tir

 

Dans le tir il y a deux mondes, ils ont de nombreux points communs, mais une grande différence les sépare. Et c’est cette différence qui fait de nous des êtres humains, l’émotion.

Nous avons tous déjà entendu cette phrase venant d’autres tireurs, voir de nous-même !

“Je perds 10 points entre les matchs et les entraînements !”

Pourquoi perdrions-nous des points alors que nous tirons avec le même équipement, les mêmes plombs, et la même cible ?

Eh bien parce qu’en compétition nous arrivons avec l’émotion de bien faire, et cela est normal ! Si vous ressentez de l’émotion pour une compétition c’est une bonne chose, c’est pour cela que nous faisons des matchs !

Il faudra apprendre à gérer cette émotion, Je reviendrai sur ce sujet dans un autre article.

Aujourd’hui nous allons voir quelles sont les différences entre le monde de l’entraînement, le monde de la compétition et la manière de les aborder.
Cette manière de penser le tir me fut transmise par Daniel GOBERVILLE au cours des stages avec la ligue Poitou-Charentes.

 

Le monde de l’entraînement :

Dans cet univers, les maîtres mots sont répétition, conscience et contrôle !

Lors des entraînements nous sommes ici pour acquérir un bagage technique, qui nous servira de base solide lors des compétitions. Nous allons donc travailler un point à la fois, et seulement un ! J’insiste là-dessus notre cerveau est conçu pour ne pouvoir se concentrer totalement que sur une tache à la fois, en effet il a été prouver que le multitâche est contre productif !

Pour illustrer mes propos nous allons prendre l’exemple de Kevin et Aurore qui ont tous deux du mal à faire un bon lâcher.

Kevin aime se rendre à l’entraînement 2 fois par semaine et au cours de ceux-ci, il apprécie d’effectuer un match ce qui le rassure sur son niveau.

Au cours de son entraînement il travaille donc un peu tous les points de sa séquence avec un niveau d’attention plus ou moins élevé :

  • Sa position à 40%
  • Sa visée à 60%
  • Son lâcher à 80%
  • Son annonce à 40%

Malgré des entraînements réguliers et de la bonne volonté, sont lâcher ne progresse pas et ses scores stagne. Certains jours un bon résultat lui fait dire qu’il a du potentiel, mais il n’arrive pas à l’exprimer en match.

En effet, en faisant des matchs à l’entraînement Kevin travaille tout et rien. Son cerveau n’est pas concentré sur une tache il ne peut donc pas apprendre. Essayer de retenir un texte en écoutant la télé et en répondant à vos mails, je vous souhaite bon courage !

 

Aurore quant à elle, se rend aussi à l’entraînement 2 fois par semaine mais au cours de ceux-ci elle définit un point technique qu’elle va travailler.

Au cours de son entraînement elle va se concentrer totalement sur son objectif, qui sera de travailler son lâcher, sa concentration va être répartie tel qu’elle:

  • Sa position à 10%
  • Sa visée à 10%
  • Son lâcher à 120%
  • Son annonce à 10%

En mettant de la conscience à 120% sur son lâcher, elle va progresser, son résultat en cible ne sera pas bon, elle ne va pas chercher à coordonner son lâcher avec sa visée, mais cela va lui permettre d’avoir un lâcher plus automatique par la suite. Elle pourra se concentrer sur d’autres points plus importants pendant ses matchs. D’ailleurs après quelques entraînements elle obtient un meilleur lâcher que Kevin, elle décide donc de se mettre à travailler son annonce … Ses scores augmentent en match car son bagage technique devient plus solide, et cela lui permet de mettre plus de concentration sur la gestion de ses émotions.

De plus lorsque Kevin effectue un match son résultat n’est pas représentatif. Il est dans son stand d’entraînement, un endroit qu’il connaît, sûrement calme et il a peu d’enjeux. Il est à l’aise et tir dans ses meilleures dispositions.

 

Le monde de la compétition :

Dans cet univers, les maîtres mots sont émotion, créativité et adaptation !

Lors des matchs nous sommes ici pour créer et non pour contrôler à différence de l’entraînement. Nous allons utiliser notre bagage technique et mental acquis avant pour gérer des situations auquel nous serons confrontés. L’émotion va faire son apparition, bien gérée elle nous sera bénéfique, mal gérée elle nous sera handicapante.

Pour illustrer mes propos nous allons reprendre l’exemple de Kevin et Aurore qui vont tous deux participer au championnat de France.

Kevin arrive le jour de la compétition avec un objectif de point, il se base sur ses derniers entraînements pour le définir.

Lors de son match il n’arrive pas à retrouver les mêmes sensations que lors des entraînements. Il ne se met pas dans un comportement de création mais il choisit un comportement de contrôle. L’émotion augmente et ses bougés avec. Kevin commence à paniquer, il exécute deux mauvais tirs à la suite, il comprend qu’il ne pourra pas refaire son score de la veille et fini déçu de son match.

 

Aurore elle, vient le jour de la compétition avec un objectif de comportement, elle va s’appuyer sur son lâcher quelle maîtrise parfaitement !

Lors de son match elle arrive à mettre en place son objectif, ce qui permet au reste de ces gestes d’être effectué machinalement sans contrôle dessus (le subconscient prend le dessus comme lorsque l’on conduit une voiture), certes aujourd’hui elle bouge plus que d’habitude, cela est dû à son émotion mais elle sait que ce n’est pas le moment de revoir sa technique maintenant, aujourd’hui elle dispose d’un bagage plus ou moins parfait, et va devoir faire avec.

À l’entraînement elle a tiré par moments sans équipements ce qui a augmenté ses bougés, elle a appris à tirer dans des moments de faible stabilité et aujourd’hui elle s’en sert pour gérer au mieux son match.

Elle finit dans ses points habituels ce qui est une bonne performance pour un championnat de France.

 

Conclusion :

Les deux exemples sont assez caricaturaux mais ils définissent bien certaines méthodes employées par les tireurs.

On peut voir que Kevin sans avoir travaillé efficacement en amont, est en difficulté lorsque son environnement change. Au contraire Aurore qui s’est mieux préparée techniquement et mentalement sera plus à même de s’adapter et tirer avec les conditions du jour.

 

 

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