Interview de Daniel GOBERVILLE (coach)

 

Au cours d’un entretien Daniel GOBERVILLE nous livre sa vision du coaching, ainsi que sa manière de penser le tir et de transmettre son expérience. Fort de nombreuses années d’expérience au plus haut niveau cet échange fut riche de ressources, que ce soit pour les coachs mais aussi pour les tireurs qui pourront réfléchir sur leur manière de concevoir le tir.

 

Daniel GOBERVILLE avec Céline GOBERVILLE
Daniel GOBERVILLE avec Céline GOBERVILLE

 

Version audio

 

Site Internet de Daniel GOBERVILLE : http://www.mental-objectif-perf.com/

 

 

Quelle est ta vision de l’entraîneur et que doit-il apporter ?

Au-delà de l’entraîneur, je pense que le tireur a plus besoin d’un coach, l’entraîneur étant quelqu’un qui va se limiter à intervenir sur un plan principalement technique sur le tireur. La partie mentale, bien sûr pourra être présente à des degrés divers mais l’entraîneur ne va se préoccuper, et c’est déjà beaucoup certes, que de la partie tir du tireur. Moi je préfère la version coach qui est quelqu’un qui va avoir pour mission de développer la performance chez un tireur, la performance ne peut pas se développer pour moi uniquement sur la partie tir, elle résulte d’une personnalité, d’un type de vie, d’un type de conception de la vie, c’est-à-dire que si on se limite uniquement à la partie technique et mentale du tir, il va manquer une grande partie à l’individu pour s’exprimer dans ces moments aussi difficiles en termes d’émotions que sont les compétitions.

Ça va être un tout avec sa personnalité.

Pour moi le rôle du coach va être d’accompagner une personne de manière à l’encadrer, lui développer sa technique en tir et également avoir avec lui une vision plus élargie de sa vie et de ses objectifs à court terme, moyen terme et long terme, que ce soit en terme sportif mais aussi en terme professionnel voir en termes de vie familiale. Cela ne veut pas dire qu’il y a une intrusion, cela veut dire qu’il y a un partage : le coach n’est pas obligé de tout savoir, par contre quand quelque chose ne va pas, il est normal qu’il ait une information de manière à ne pas réagir sur certains domaines, d’éviter certains sujets ou de prendre certaines précautions à certains moments. Pour moi la performance dans un sport aussi fin et mental qu’est le tir s’accompagne inévitablement d’une prise en compte de la personnalité du tireur et une prise en compte de sa situation au jour J de la compétition et donc dans sa préparation. L’entraîneur pur qui va seulement voir le tireur 4, 5, 6, 7 heures par semaine à l’occasion de rendez-vous techniques et qui va s’évertuer à faire progresser le tireur sur un plan technique et bien sûr mental sur un plan de séquence mental, sur la manière de tirer les compétitions, il va manquer une part importante qui est toute la vie à côté de ces personnes-là parce que le sportif de haut niveau est un être humain, un être pensant et donc qui a de l’émotion, ce sont des joies, des peurs, des craintes, des envies, et toutes ces pensées vont l’amener à voir un état d’esprit. Or pour moi le résultat d’une compétition c’est autant l’état d’esprit que la préparation du tireur parce que dans le haut niveau tous les tireurs sont capables de faire les mêmes points. Sur un championnat d’Europe, une coupe du monde, les jeux olympiques, 80 % des tireurs ont le même potentiel technique. Et après ce jour-là ce qui va faire la différence c’est l’état d’esprit et si on passe à côté de ça pour moi on passe à côté d’un catalyseur qui est « comme je pense, comme je tire ».

 

Donc toi tu vas essayer de ramener le tireur sur le bon état d’esprit pour qu’il reste dans ce monde-là ?

Voilà, parce que la préparation technique, la préparation mentale traditionnelle liée au tir est pour moi insuffisante dans les grands moments d’émotions qui vont être : un début de match, une fin de match, une finale et ce que l’on veut c’est gagner, donc je n’ai pas le droit d’avoir un morceau de mon temps de match ou je suis absent pour X raisons ; je dois donc préparer au mieux le tireur pour qu’il se présente dans les meilleures dispositions psychologiquement, mentalement le jour de la compétition voilà ce que je pense du rôle de l’entraîneur. Ce dont a besoin le tireur c’est un coach, quelqu’un qui connaît le tir, la technique, connaît je dirais des outils de préparations mentales, bien sûr mais qui va aller bien au-delà pour accompagner le tireur et veiller à le reconcentrer en permanence sur l’objectif du tireur, qui est de mettre en place un bon comportement et ce n’est pas de vouloir faire un résultat (cette idée est notamment exprimée dans le livre : Le zen dans l’art chevaleresque du tir a l’arc) parce que cela ne suffit pas de vouloir faire un résultat, le tireur sera toujours attiré vers un résultat et le coach lui aura pour objectif de toujours le ramener vers le bon comportement qui, lui, produira des bons résultats si tu te souviens des stages qu’on a pu faire ensemble, moi je ramenais toujours le tireur à son comportement, car c’est son comportement technique, physique, mental, psychologique qui va produire le résultat et la seule envie du résultat ne peut que conduire à un comportement improductif.

 

Comment est-ce que tu fais pour ramener le tireur sur ce comportement au fait ?

Eh bien je dirais qu’il n’y a pas une recette, une méthodologie particulière. C’est lors d’entretiens courants avec le tireur au vu de ses entraînements, de paroles échangées que l’on va déceler si le tireur va dans une compétition avec pour seul objectif de se qualifier pour les JO par exemple, si je prends cette année on prépare les tireurs qui vont aux championnats du monde et c’est la première étape pour les quotas ; on peut suivre la FFTIR ou la DTN qui a pour mission de dire « nous, on va aux championnats du monde pour gagner les quotas » et on peut préparer le tireur d’une autre manière où le quota ne sera que la conséquence du comportement que je vais mettre en place. Et si je ne l’ai pas ce jour-là, j’ai encore deux ans pour l’obtenir et si je ne l’obtiens pas est-ce que c’est grave pour moi véritablement ? Il y a toutes ces questions-là sur lesquelles moi je vais travailler de manière à relativiser l’importance des choses parce qu’il n’y a rien de plus difficile pour le tireur de jouer sa vie le jour J à l’heure du match.

 

Ça ne doit pas être facile de dédramatiser des situations quand même « importantes » pour le tireur ?

Le tireur est en permanence ramené ver le résultat, vers son point de quotas, que ce soit les discours de la DTN, que ce soit la presse, que ce soit son entourage proche qui n’est pas spécialisé, tout le monde attend qu’il se qualifie pour les jeux.

 

On le juge par son résultat.

Voilà et le rôle du coach tel que je le conçois va être de ramener le tireur sur la satisfaction de son comportement, de la satisfaction d’une saison, de la satisfaction d’un chemin de vie sur le plan sportif et de ne pas tout juger sur un seul tir qui ne va durer que 1 h 15 et tu vois sur une saison, il y a des discours que j’entends où l’on dit qu’il n’y a qu’une seule chose qui compte se sont les championnats du monde, non pour moi je travaille avec les tireurs de haut niveau pour dire, il y a un championnat d’Europe, il y a les coupes du monde, il y a un championnat de France mais tout cela concours à la satisfaction de victoire d’un chemin de vie dans lequel je construis mon objectif de tir sportif, voilà comment je vais travailler de manière à ramener le tireur sur le droit à l’erreur le droit à l’échec.

Il n’y a rien de pire que de ne pas avoir le droit à l’échec parce que c’est aujourd’hui que je joue ma vie, tout le monde m’attend et ça, pour le tireur, si on ne prend pas garde c’est comme cela qu’on emmène les gens à l’abattoir. Je parle du haut niveau parce que c’est notre sujet mais c’est la même chose pour un tireur qui irait aux championnats de France ou un tireur qui veut se qualifier pour les championnats de France. S’il mise tout sur ses régionaux mais mon dieu ! Ce jour-là, tous les sacrifices que j’ai fait, ma femme, ma famille, l’argent que j’ai dépensé mais il faut que je me qualifie pour les France aujourd’hui… Ce n’est pas possible de tirer comme ça, on peut le prendre à tous les degrés, je parle des jeux car je suis en phase avec cela en ce moment mais quand on prend des tireurs qui veulent simplement se qualifier pour les championnats de France c’est exactement la même démarche : Il faut dédramatiser, relativiser l’importance du moment que je vis. Ce moment-là il n’est pas unique, il n’est qu’une étape de la vie.

 

On peut le voir sur les régionaux ou les France certaines personnes qui ont du mal à gérer cette échéance.

Quasiment tout le monde aura des difficultés à gérer ces moments-là, après il y a le tireur qui est préparé et qui va être en mesure de relativiser avec différents moyens en termes de préparation mentale, donc ce discours dont on parle, peut être également d’autres outils, comme la méditation de pleine conscience, des exercices de respirations, de la relaxation. Voilà tous les outils qui vont permettre au tireur d’être lucide et serein, il aura peur, moi les tireurs que je prépare ils ont aussi peur que les autres. Par contre ils ont les moyens de relativiser et de tirer au présent leurs plombs ou leurs balles et de ne pas être dans le passé (ce que j’ai fait avant) ou dans le futur (ce que j’attends). J’essaye de faire travailler les tireurs pour qu’ils tirent au présent leur comportement et qu’ils fassent leur chemin étape par étape.

 

Et par exemple que fais-tu lorsque tu dois intervenir quand ils sont en match pour les faire revenir sur cet état de conscience ?

On ne peut pas l’anticiper, on ne peut pas le prévoir, on peut parler d’expériences qui sont vécues mais l’expérience du coach par rapport à la connaissance du tireur qu’il a, va lui faire sentir que le tireur n’est plus lucide. Alors il peut très bien faire du dix et ne plus être lucide, il commence à reposer deux fois, trois fois, quatre fois et on sent venir que là, on rentre dans les difficultés. Eh bien on peut faire sortir un tireur soit par ce qu’il vient de faire deux 8 effectivement soit parce qu’il est dans un comportement qui n’est plus le sien ou qui est un comportement qui va inévitablement à un moment mal se terminer. Donc là c’est pour ça qu’il faut qu’il y ait une grande confiance et une grande connivence entre le coach et le tireur parce que l’un ne doit jamais reprocher à l’autre ce qu’il a fait.

Le coach est un conseilleur, un préconisateur ; le tireur est l’acteur et le décideur. Moi, coach, je te préconise je te conseille, « j’ai vu ça, pour moi voilà comment tu es, voilà ce qui aujourd’hui va t’amener là… Moi je pense que… » Le tireur qui est en face, « OK je prends je fais » ou « non pas d’accord je fais ce que j’ai envie » voilà.

 

Donc il y a une forme d’égalité entre le tireur et le coach il n’y a pas de supériorité ou quoi que ce soit ?

Surtout pas ! Le coach est un accompagnateur un préconisateur, je préconise quelque chose à mon tireur je lui donne de la lucidité, j’argumente sur ce que j’ai vu sur ce que j’ai ressenti et sur comment je sens les choses à venir. Maintenant toi tireur, tu partages, t’a confiance, t’a pas d’autre solution, « OK je prends », tu ne partages pas, tu penses que je suis dans l’erreur et bien tu repars au pas de tir avec tes propres convictions mais dans tous les cas et de toute manière le tireur aura eu une discussion qui l’aura amené à sortir du cercle dans lequel il était et à prendre une décision et c’est sa décision et donc c’est la bonne. Voilà comment moi j’interviens en coaching soit c’est le tireur qui sort car il est perdu, ça ne va pas, soit c’est moi qui interviens, mais dans tous les cas je l’amène sur un terrain de lucidité, sur un terrain de revenir à l’acte présent et sur un terrain qui peut être soit technique soit mental suivant le niveau du tireur, selon le problème qui se pose à lui. Mais lorsqu’il repart, il n’a pas de recette, il n’a pas d’ordre, il a des informations qu’il doit traiter et mettre en place.

 

Donc lui reste maître de sa décision mais tu le conseilles sur le chemin qu’il pourrait prendre pour retrouver le bon comportement ?

Tout à fait, je lui ouvre des voies de réflexion et lui, il les prend ou il en prend d’autres, moi avec ma fille Céline, celle avec qui j’ai eu les plus grandes réussites aujourd’hui, on va dire que 2 fois sur 3 elle prend ma solution et 1/3 elle ne la prend pas.

 

Es ce qu’il n’y a pas une forme de frustration quand elle décide de ne pas prendre ta solution ?

Non parce que chacun son rôle c’est elle qui tire, ce n’est pas moi, c’est elle qui ressent les choses moi je les perçois, les devine, le tireur peut se tromper lorsque qu’il n’est pas lucide, le fait de sortir le fait de discuter lui redonne de la lucidité, forcement parce qu’il y a eu un échange, il y a eu des avis il y a eu une discussion, il y a eu une négociation. Parfois elle est d’accord, pas d’accord sur l’avis, sur les situations à mettre en place et après le tireur c’est lui qui sent les choses qu’il est capable de faire.

Voilà comment je le vois, chacun est à sa place, chacun a son rôle et il ne faut pas se tromper. Le coach ne tire pas à travers le tireur, même s’il a été tireur auparavant, il est là pour ouvrir des voies de réflexion au tireur et lui va prendre la voix qui lui semble la plus performante, la plus crédible sur le moment en fonction de son état psychologique.

 

Aurais-tu rencontré d’autre vision de l’entraînement que la tienne ?

Alors ce que je rencontre beaucoup ce sont des entraîneurs qui systématiquement vont faire la leçon au tireur, une leçon technique comme si le tireur qui n’appuie pas bien sur sa détente ne savait pas bien appuyer sur sa détente. Donc si je fais un grand cours au tireur qui est en face de moi et j’en entends beaucoup sur les pas de tir, sur ce qu’il doit faire techniquement, eh bien c’est comme si je voulais apprendre à un pilote de course comment on conduit. Bien sûr qu’il le sait, peut-être que là psychologiquement sur le plan lucidité, sur le plan émotionnel, il n’est pas en mesure de le faire mais il sait ce qu’il faut faire, donc mon rôle n’est pas de lui dire ce qu’il a à faire c’est de l’amener à être capable de le faire. C’est d’ailleurs la grande différence avec le nombre d’entraîneurs que je suis amené à rencontrer qui vont souvent se limiter à un plan technique uniquement comme si le tireur ne savait pas ce qu’il avait à faire techniquement. On n’a pas à faire à des débutants quand on est en compétition, donc c’est un tireur qui a répété, qui sait faire les choses sauf qu’aujourd’hui il ne les fait pas. Non pas parce qu’il ne sait pas les faire mais parce qu’au niveau mental il y a un blocage qui ne permet pas de faire ça ; donc l’entraîneur va avoir un rôle d’enseignant, il va donner la leçon au tireur de ce qu’il a à faire et le tireur va revenir au pas de tir avec son blocage psychologique et l’entraîneur va s’énerver derrière « je lui ai dit de faire ça et il ne le fait pas ! » Mais non, il ne le fait pas parce qu’il ne peut pas le faire. Mon autre approche est que je vais intervenir plus sur le plan psychologique du tireur, le ramener sur une situation de lucidité, relativiser ce qu’il a fait, ce qu’il est en train de faire, voir les différentes choses selon ce qui peut le bloquer pour débloquer la situation. Moi je travaille pour lever des verrous psychologiques pendant la compétition. Je ne travaille pas pour enseigner comment le tireur doit tirer.

 

De toute manière il est trop tard pour revoir les points techniques lors des compétitions c’est à l’entraînement qu’il faut les travailler.

Mais si on écoute ce qui se passe sur les pas de tir on ne parle que technique, « attention à ta position », « il faut que tu engages plus tôt », « il faut que tu appuies fort », « il faut que tu tiennes au départ du coup »… Ouais mais il ne le sait pas déjà tout ça le tireur ? Alors on peut lui en parler parce que j’ai vu qu’il ne le faisait pas, mais pourquoi ? Donc bien sûr il faut lui donner l’information de tenir au départ du coup et après il faut le remettre sur la sérénité parce que s’il ne tient pas au départ du coup c’est peut-être parce qu’il en a peur du départ du coup, peut-être qu’il a peur du résultat qu’il a envie de le voir tout de suite, qu’il ne supporte pas cette attente. Je pense qu’il faut aller beaucoup plus loin… Pourquoi est-ce que mon tireur ne tient pas au départ du coup alors qu’il sait le faire ? Pourquoi il repose à chaque fois, à chaque plomb, pourquoi il ne tire pas du premier coup ? C’est qu’il y a un problème quelque part. Il n’est plus dans l’action, il est dans l’observation, dans la visée, dans la crainte, dans « ne pas oser », mon rôle c’est de l’alerter sur ce qu’il se passe mais surtout sur son blocage psychologique.

 

Pour qu’il puisse le dépasser par la suite.

Voilà, revenir sur un état normal de comportement, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura plus d’émotion, ce qui veut dire que l’émotion sera gérée. Gestion des pensées, gestion de l’émotion, voilà ce sur quoi, doit intervenir pour moi l’entraîneur et non pas être le donneur de leçon voir parfois engueuler le tireur en disant tu ne fais pas ce que je te dis quoi. S’il ne fait pas ce qu’on lui a dit c’est qu’il ne peut pas.

 

Ce n’est pas qu’il n’a pas envie, c’est compliqué pour lui.

Exactement ce n’est pas qu’il n’a pas envie et ce n’est pas qu’il ne sait pas, ce n’est pas de lui réapprendre ce qu’il doit faire c’est de l’amener à s’exprimer avec les outils qu’il a travaillés.

 

Donc ça, c’est ta vision de l’entraînement.

Oui, même du coaching de l’accompagnement en compétition, à l’entraînement j’ai un rôle d’entraîneur : j’ai une partie de mon rôle qui est le rôle de l’entraîneur quand je suis au pas de tir je ne suis « que » entraîneur pendant une certaine partie du temps sur une séance de trois heures, je vais être un entraîneur technique sur les deux heures mais à côté on va travailler d’autres choses.

 

Donc faut bien séparer le coach de l’entraîneur.

Tout à fait.

 

Du coup c’est pour cela que tu as créé ta structure en 2013.

Oui parce que la vie m’a conduit, à un moment, a quitter le monde professionnel de l’entreprise et la vie m’a ensuite conduit à ne plus pouvoir être DTN… Donc je faisais quoi du reste de ma vie ? J’ai décidé de mettre au profit de tireur, moyennent rémunération ce qui se fait très peu dans le tir comparé à des sports beaucoup plus évolué et plus performant que nous, comme le tennis comme le golf. Même si on va me dire oui mais c’est un sport professionnel, eh bien oui ils sont professionnels car ce sont des sports qui ont évolué. Le tir n’a pas évolué, le tir est resté sur le bénévolat : je suis sur le pas de tir et chacun me donne la version de l’entraînement que lui a trouvé pour lui, je fais trois stages par an avec des bénévoles qui me consacre du temps mais de ces trois stages il n’y a aucun suivit, il n’y a pas d’accompagnement ensuite, il n’y a pas de logique forcément. Donc moi j’ai considéré que je voulais offrir au tireur, quel que soit son niveau, un véritable accompagnement en termes de planification de l’entraînement, en termes d’objectif, en termes d’accompagnement mental sur la manière de considérer l’entraînement, la manière de considérer la compétition, la manière de considérer la place qu’a le tir dans ma vie, la manière de considérer ce que j’attends du tir pour moi… Voilà, de travailler avec les tireurs beaucoup plus sur une conception, une manière de vivre le tir, plutôt que de leur apprendre la position genou ou comment appuyer sur une détente au pistolet, bien sûr ça je le fais aussi mais je le fais à 40-50 % de ma prestation.

 

Tu vas être plus sur le coaching.

Tout à fait, je rentre dans le tir toujours par l’aspect mental, le côté technique oui mais pourquoi je vais faire ça ? À quoi ça correspond sur le fonctionnement de mon cerveau, sur le plan de ma manière de réagir face à une situation, voilà j’essaye de toujours aborder les choses sous cet angle-là.

 

Tu proposes aussi des stages, c’est d’ailleurs comme ça qu’on a été amené à se rencontrer, imaginons, un club qui a envie de faire progresser ses tireurs peut faire appel à toi ?

Oui je le fais depuis plusieurs années, il y a deux types d’action : Il y a l’action ponctuelle vis-à-vis d’un groupe, qui consiste à transférer mes connaissances sur les manières de faire, donc quand c’est comme ça sur les tireurs de ligue, de département, ou de club, si c’est ponctuel je demande autant se faire que peut de n’avoir pas que des tireurs mais d’avoir 50 % de tireurs et leur entraîneur avec eux, mon rôle n’étant pas d’accompagner tous les tireurs d’un club ou d’une ligue. C’est quelque part d’avoir une action qui va permettre ensuite au tireur d’avoir une autonomie avec son entraîneur, donc ça, je le fais effectivement dans les clubs ou dans les ligues ponctuellement mais l’action qui est la plus productive pour le tireur, c’est celle que j’ai faite notamment avec le club Poitou-Charentes ou avec un département, et bien tous les mois on va travailler avec un collectif, tous les mois on va préparer ces tireurs sur le mois, puis le mois, d’après on les revoit, on corrige, on revient, on évolue et progressivement on transmet une manière de penser les choses, de planifier, de penser le tir, de sa place dans ma vie, de ce que j’en attends, de comment je dois m’entraîner. La différence entre le monde de l’entraînement ou je mets beaucoup de conscience pour m’entraîner pour apprendre et le monde de la compétition dans lequel je vais utiliser les outils que j’ai acquis mais dans aucun cas, il n’y aura une similitude entre ces deux mondes-là (cette idée est notamment reprise dans l’article : Les deux mondes du tir). Bien comprendre que le nombre de tireurs qui disent « je perds 30 points entre l’entraînement et la compétition », sont dans l’erreur de conception, ce n’est pas possible de perdre des points entre l’entraînement et la compétition parce qu’il n’y a pas de points à l’entraînement, il n’y a que de l’apprentissage, que du travail. Si je commence à compter en me disant que je fais des points à l’entraînement je me trompe, je ne suis pas en compétition, je ne perds pas de points, je me trompe simplement de conception du tir. Ma conception des deux mondes est que le tir ce n’est pas qu’un seul monde ou j’ai de l’entraînement et en compétitions je fais la même chose, à l’entraînement je suis là pour apprendre des choses et en compétition je suis là pour les réaliser. Le nombre de tireurs qui me contacte en me disant « j’ai un problème mental parce que je perds 20 points dans les compétitions » je leur dis que ce n’est pas un problème mental, c’est le tir sportif qui est ainsi et vous avez une mauvaise conception du tir donc on se voit pendant 3 ou 4 heures et on travaille d’abord là-dessus avant d’entamer autres choses. On se met d’abord d’accord sur la manière de voir le tir sinon on est dans l’erreur on ne peut pas comparer deux choses non comparables. Moi je ne travaille pas avec un tireur qui va faire des matchs à l’entraînement, s’il veut rester dans cette démarche-là c’est sans moi, et je peux comprendre que certains tireurs ont beaucoup plus de plaisir à faire des matchs d’entraînement car ils sont dans une démarche de plaisir à l’entraînement. Pour moi ce sont des tireurs de loisirs sportif, je ne dénigre pas, mais je veux dire, il faut savoir ce que l’on veut, si l’on veut être compétiteur pour moi il faut avoir une conception du tir qui amène à la performance dans la compétition par l’entraînement. L’entraînement c’est être sur les bancs de l’école et apprendre, la compétition c’est être en entreprise, là j’utilise ce que j’ai appris, on est là pour créer. C’est la même chose entre l’école et l’entreprise, à l’école j’apprends des choses et si quand je suis en entreprise je régurgite ces choses-là je suis à côté de la plaque car ces situations que j’ai apprises, je ne les retrouve jamais et en compétition… C’est pareil !

Voilà comment je conçois les choses.

 

Site Internet de Daniel GOBERVILLE : http://www.mental-objectif-perf.com/

 

 

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